Le congé parental réformé

Nicolas Sarozy l'a dit: "Il (Le congé parental) est à l'origine d'un immense gâchis, a affirmé le chef de l'Etat. Gâchis pour les femmes concernées, car la majorité d'entre elles aurait souhaité poursuivre leur activité. Gâchis pour les familles, car un congé parental, c'est un salaire en moins. Gâchis pour la société, car ces dispositifs maintiennent en dehors du marché du travail près de 800 000 femmes par an."

Créé en 1985, le congé parental, qui donne droit à une prestation de 550 euros par mois, permet à une mère - plus rarement un père - de s'éloigner du marché du travail pendant trois ans. Ce système, conçu à l'origine pour les familles de trois enfants, a été étendu en 1994 à celles de deux enfants. Depuis, le nombre de bénéficiaires a explosé, pour atteindre, en 2007, plus de 570 000 parents. Or 30% de ces femmes affirment avoir recours à ce congé par nécessité car elles n'ont pas de solution de garde...

Pour mettre fin à ces difficultés, Mme Tabarot plaidait pour un congé plus court - un an -, mieux rémunéré - 67 % du salaire plafonné à 1 800 euros - et mieux partagé avec le père. Afin d'encourager les hommes à s'occuper de leurs jeunes enfants, la députée souhaitait réserver au parent actif - le plus souvent le père - une période de deux mois. S'il renonçait à les prendre, ce congé serait perdu, ce qui pénaliserait la famille tout entière.
Si la réforme du congé parental s'inspire de ces propositions, la France se rapprochera - à petits pas - des pays nordiques : après la naissance d'un enfant, la Suède offre ainsi aux parents un congé de 390 jours indemnisé à 80 % du salaire, voire 100 % dans les grandes entreprises et la fonction publique. Ce congé comprend, comme le propose Mme Tabarot, 60 jours "non transférables" qui bénéficient le plus souvent au père. Mais qui dit congé parental plus court dit solution de garde démultipliée....
Pour égaler les pays nordiques, la France a un long chemin à parcourir en matière de structures d'accueil : elle compte à peine un million de places de garde pour 2,4 millions d'enfants de moins de 3 ans. Le retard est tel que le gouvernement a renoncé à mettre en place un "droit opposable" à la garde d'enfants. Mais M. Sarkozy a promis l'ouverture de 200 000 places supplémentaires d'ici à 2012. Pour soutenir cet effort, les crédits destinés à la construction de crèches seront augmentés de plus de 6 % en 2009. Article paru dans l'édition du Monde du 15.02.09.

Mais est-ce que réduire le congé parental d'1 an mieux indémnisé (on ne s'en plaindra pas) est-il moins pénalisant pour la femme qui souhaite reprendre son travail ? Est-ce que ces femmes ne choisissent pas le congé parental surtout parceque les modes de garde sont chers et que souvent le salaire de leur travail couvrirait à peine cette dépense? un sujet suscitant encore beaucoup de questions...

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