Une histoire vécue...:Vive l'aptonomie...C'est un papa qui le dit!
C’est moi, le papa.
J’avoue que la première fois que j’ai mis les pieds chez ce « sage-homme », Willy, j’étais très dubitatif. En ce temps-là, Ella (ma femme) me semblait s’enfoncer de plus en plus dans des pratiques « compensatoires ». A titre d’exemple, elle se passionnait pour des sujets aussi divers que, l’hypnose ériksonnienne, le « sans gluten et sans lait », la libération par la voix, le Salut au Soleil, etc.
Qui plus est, la perspective de contempler ma femme, en petite tenue, se faire manipuler par les mains d’un homme - fût-il sage-femme ! - ne m’amusait guère.
En réalité, tout se passa pour le mieux. Willy était l’incarnation du Serment d’Hyppocrate : Bien que n’étant pas médecin, il en avait l’éthique. Mais j’avoue que lorsqu’Ella décida d’accoucher avec lui, je restais méfiant. Je ne fus totalement convaincu que lors de la réunion à la Clinique du « Bien-naître », dont le seul nom consitait pour moi en une heureuse promesse…
En effet, j’avais souffert de mes deux premiers accouchements (j’en avais un d’avance sur Ella). Ces accouchements étaient surmédicalisés : Ella a parlé de péridurale, mais pour moi le monitoring avait été un calvaire dès la première fois. Soudain, le Monitoring s’arrête : le cœur du bébé s’est-il arrêté ? On court dans tout l’hopital pour chercher quelqu’un ; personne. Au bout de 20 minutes, enfin, on vient : le capteur s’est juste un peu déplacé. Rien de grave. Juste les pires minutes de ma vie.
Travaillant dans la musique, j’ai découvert lors du 2e accouchement qu’on pouvait soi-même baisser le son du Monitoring. Ma tension baissa d’autant. Personne n’avait pris le temps de me l’expliquer... Mais, bien pire que ce que doivent endurer les parents pendant l’accouchement (la mère en premier chef, bien sùr), le pire restait pour moi l’offense faite aux bébés à la naissance. (...)
Tirés, extirpés hors du ventre, on décide pour eux quand sera le terme. S’ils ne sont pas sortis la veille du terme, on provoque la sortie (sans l’assentiment des parents) : sous couvert de vérifications, on « force » l’ouverture du col. On donne des médicaments pour accélerer l’expulsion (rentabilité, chiffre). Une fois dehors, on les sort, sous l’horrible soleil des néons, on les intube (même quand tout va bien – procédure de sécurité), on les aspire, on les pèse sur une balance en métal (bien glacée), on les tire pour les mesurer, on les lave.
La mère, sous l’influence de la péridurale, ne s’est même pas rendue compte qu’on découpait son périnnée pour accélérer encore l’expulsion. Elle évacue, comateuse, le placenta.
Enfin, près de 45 minutes après la naissance (parfois plus), le bébé finit sur le ventre de sa mère.
A la clinique du « bien-naître », nous avons enfin connu le BONHEUR d’accoucher ENSEMBLE. Je me suis senti vraiment utile, pour la première fois. Assis derrière ma femme, le corps collé contre son dos, je l’ai massée pendant tout l’accouchement, et j’ai réussi à la soulager. Nous avons pu adopter toutes les positions que nous souhaitions, car elle n’a pas été mise sous Monitoring (juste à deux reprises, pour vérifier que tout allait bien).
Aujourd’hui, avec le recul, je réalise que tout ceci a été rendu possible par la conjugaison de la pratique de l’aptonomie avec Willy, et de la volonté rebelle de ce groupe de sages-femmes éclairées, dernier bastion de ce qu’est réellement le bien-naître.
Pour conclure, je regrette qu’aujourd’hui ce genre de bonheur soient réservés aux nantis. A mon sens, tous les bébés ont le droit de naître dans l’Amour. En attendant ce jour comme un oiseau sur la plus haute branche, où l’aptonomie et l’ « accouchement dans la dignité » seront généralisés, remboursés par la Sécurité Sociale et reconnus.
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